Façades (Bhaktapur - Népal)

Façades (Bhaktapur - Népal)
J'ai caressé un rêve mais à rebrousse poils.
Moi qui pensais lui plaire en marquant ma tendresse,
Et le croyant pâmé alors qu'il s'affaisse,
Me voilà convaincu d'une nouvelle étoile.

J'active un peu le geste, fait sentir ma présence;
Le rêve reste coi, j'y vois son abandon.
Je le saisis alors puisqu'il est sans défenses.
Le rêve est en fait mort, et moi je reste con.

# Posté le jeudi 27 septembre 2007 08:13

Modifié le samedi 06 octobre 2007 02:34

Le pays que l'on saigne (Bagan - Birmanie)

Le pays que l'on saigne (Bagan - Birmanie)
J'entends le silence plus haut que tous les cris,
Je sens l'humain au dessus du fumier,
Je goûte l'amour sous l'amer de la peur,
Je touche la soie qui double le treillis,
J'ai vu la vie là où on l'étouffe,

J'écris un rien... et c'est tout.
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# Posté le jeudi 27 septembre 2007 07:58

Modifié le jeudi 27 septembre 2007 08:34

Escaleras (Lisbonne - Portugal)

Escaleras (Lisbonne - Portugal)
Il n'y a pas d'écho pour la lumière au coeur de la calade;
Le soleil s'y écrase d'un biais irrégulier sans jamais ricocher.
Il frappe son coeur contre les façades en un puissant bélier,
Il cuit la pierre, la viole, l'éclabousse d'un blanc d'aveugle.

L'ombre cède le pas pour quelques heures, réfugiée sur les murs sales;
aux odeurs minérales elle souffle une haleine humide douce et puante.
Elle se fait mollesse, dégoulinante. Lêche les corps de ceux qui la frôle.

Le soleil peut bien s'entêter, il reculera pour s'éteindre.
L'ombre est patiente.

# Posté le dimanche 23 septembre 2007 07:15

Modifié le dimanche 23 septembre 2007 23:48

Revenir (Sintra - Portugal)

Me voilà rentré dans ma maison de l'autre côté du monde. J'ai laissé, à nouveau, ceux que j'aime pour une année entière.

Chaque instant partagé avec eux, plus précieux que jamais, peupleront mon année d'exil.

Je ne saurais vous dire la place que vous avez, mais sachez que le temps ne pourra vous en chasser.
Revenir (Sintra - Portugal)

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 07:19

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 09:11

Un rêve (Lisbonne - Portugal)

Un rêve (Lisbonne - Portugal)
J'ai glissé mon corps engourdi dans le satin d'une émotion,
Ma peau au tissu s'est uni; aurais-je encore des illusions ?
Dans la fraîcheur de ce toucher, je sens la trame d'un avenir,
Mon âme en lui s'est abîmée; vais-je en mourrir ?

De solitude en amertume, l'horizon avait basculé,
Il ne restait que joies posthumes pour des amours toutes ajournées.
Comment penser que la lumière puisse exister dans un regard.
La moire a chassé la poussière d'un homme épars.

Dans le drappé de tes silences, je roule en boule mon innocence,
Lisser le pli de mes souffrances d'un geste frôlant la négligence.
Et dans un grand lit de soleil je laisserai mon corps s'ouvrir;
Nous assassinerons le sommeil dans un soupir.

# Posté le dimanche 09 septembre 2007 07:05

Modifié le dimanche 09 septembre 2007 07:45