J'ai glissé mon corps engourdi dans le satin d'une émotion,
Ma peau au tissu s'est uni; aurais-je encore des illusions ?
Dans la fraîcheur de ce toucher, je sens la trame d'un avenir,
Mon âme en lui s'est abîmée; vais-je en mourrir ?
De solitude en amertume, l'horizon avait basculé,
Il ne restait que joies posthumes pour des amours toutes ajournées.
Comment penser que la lumière puisse exister dans un regard.
La moire a chassé la poussière d'un homme épars.
Dans le drappé de tes silences, je roule en boule mon innocence,
Lisser le pli de mes souffrances d'un geste frôlant la négligence.
Et dans un grand lit de soleil je laisserai mon corps s'ouvrir;
Nous assassinerons le sommeil dans un soupir.